L'information financière que vous ne trouvez
nulle part ailleurs !

Formation

Nous avons rédigé une centaine de dossiers pour vous initier aux règles fondamentales de l’investissement en Bourse. Ces dossiers ont une vocation explicative, mais pas de documentation technique parfaitement actualisée. Ils sont actualisés régulièrement, mais peuvent comprendre des simplifications, des raccourcis pédagogiques ou des exemples qui n’ont pas été actualisés. Les actualités en bas de page vous permettront généralement de les actualiser.Merci de lire la page d’avertissement avant d’utiliser ces dossiers pédagogiques.

Allemagne : Le marché actions » La place boursière allemande : un marché morcelé
Noter ce cours :
A. Une dispersion géographique

1. Les huit places allemandes

L'Allemagne dispose de 8 places boursières régionales parmi lesquelles la bourse de Francfort est la plus importante. En raison de l'organisation fédérale de l'économie allemande, les entreprises sont généralement cotées sur plusieurs places en parallèle. En moyenne, les actions des sociétés allemandes sont introduites sur trois bourses régionales différentes.

Chaque place accueille les segments de marchés qui seront détaillés dans la section suivante. Certaines places ont tenté de se démarquer de leurs concurrentes nationales en créant des segments spécialisés. Ainsi, les bourses de Brême et de Munich ont inauguré en 1997 un segment pour les valeurs moyennes. Le Neuer Markt, segment des valeurs de croissance de Francfort, a du fermer en 2003 comme nous le verrons à la fin de ce cours.

Bien que souhaitée pour des raisons publiques et considérée comme bénéfique pour la concurrence, cette parcellisation géographique semble dépassée par l'internationalisation des marchés financiers.

2. La cotation sur une ou plusieurs places : un choix difficile

En effet, la cotation sur plusieurs places réduit la liquidité des titres d'une entreprise. Pour réduire les coûts de transaction gonflés par ces multiples cotations, certaines entreprises commencent à se replier sur une seule place. BASF a entamé ce mouvement en 1996, en se retirant de la bourse de Düsseldorf pour se limiter à une cotation à Francfort, sa place d'origine.

Mais cette politique n'est pas suivie par tous : d'autres entreprises moins connues étendent leur cotation à d'autres places régionales. Ainsi Wesumat, une entreprise spécialisée dans les systèmes de nettoyage de voiture, a élargi en 1998 sa cotation de la place de Munich aux places de Düsseldorf, Francfort, ainsi que sur le marché électronique XETRA. Les dirigeants de Wesumat ont justifié cette décision par le souhait d'élargir la notoriété de l'entreprise auprès des investisseurs et des clients.

B. La Deutsche Börse AG et le marché électronique

1. Une réponse à la compétition internationale

Face à la compétition croissante entre les places européennes au début des années 90, la structure fragmentée du marché actions allemand posait un sérieux handicap. C'est pourquoi en 1993 la Deutsche Börse AG a été fondée sous l'impulsion des grandes banques. La société des bourses allemandes est à terme destinée à remplacer les places régionales. Au départ, son principal rôle était de garantir un cours unique entre les places allemandes. Il y a quelques années encore, il était par exemple encore possible que des titres identiques coûtent 5 % plus cher à Düsseldorf qu'à Munich.

La Deutsche Börse AG est également responsable du système de transaction électronique XETRA. Ce système permet aux investisseurs d'accéder à la bourse de façon délocalisée. Au départ XETRA a été réservé aux actions cotées sur la place de Francfort. Depuis 1999, toutes les actions cotées sur les bourses allemandes peuvent être négociées sur le marché électronique. Sur ce système, les actions les plus liquides sont cotées en continu. Les autres sont cotées au fixing une ou plusieurs fois par jour.

2. Système de transaction électronique ou marché à la criée : aux investisseurs de trancher

Les réformes ont été moins radicales que dans les autres pays d'Europe continentale. Ni le marché à la criée, ni les 8 places régionales n'ont été supprimés. Le marché électronique a simplement été greffé sur les structures déjà en place. L'idée était que le système électronique devait faire ses preuves auprès des investisseurs. S'il se montrait supérieur, les volumes devraient graduellement basculer des bourses régionales et du marché à la criée vers le système électronique.